Moi, l’inconnu…
Une petit projet en cours d’élaboration qui m’est apparu lors d’une sélection à un festival.
Photographier dans une culture étrangère, c’est s’introduire dans un monde qui ne vous a pas invité.
On y arrive avec une intention : témoigner, partager, parfois juste regarder. Mais l’objectif crée une relation qui oscille entre la grâce d’un moment partagé et le malaise d’une présence de trop. Je reste un inconnu aux yeux de mes sujets.
Comment me perçoivent-ils? Qui suis-je pour eux?
Cette série, réalisée en Inde et au Népal, explore cette oscillation comme une question posée au photographe, et à travers lui, au spectateur : Comment me perçoivent-ils? Qui suis-je pour eux, au moment ou je les vise avec mon appareil?
Qui regarde qui ? Avec quel droit ? À quel moment le regard devient-il une intrusion ?
Je n’y réponds pas. Les visages, si.
J’ai tenté de mettre le spectateur dans ma peau afin qu’il ressente et comprenne les enjeux de chaque pression sur le déclencheur. Le pouvoir final n’est pas du côté qu’on s’imagine.
Ceux qui refusent d’être photographiés le disent clairement. Je respecte toujours ce choix. Ceux qui acceptent offrent quelque chose de réel, même fugace : une fraction de seconde où deux mondes se touchent et se ressentent plus qu’ils ne se comprennent.


